Chapitre XI - Un monde tel que Dieu le veut







Quatrième partie




Les laïcs en premières lignes














Chapitre XI


Pour que nous ayons demain un monde tel que Dieu le veut


Le problème de l'apostolat des laïcs ne cesse de prendre de plus vastes proportions. Mous l'avons vu longuement au cours du Chapitre VI. Car tout l'avenir du monde est en jeu, l'avenir même de l'humanité.


Cet avenir du monde, qui le construira ?

Cet avenir est en effet entre les mains de tous les hommes, et singulièrement de ceux qui en forment la masse, voués qu'ils sont, par leur vie journalière, à la solution des problèmes de ce monde. Ce sont les laïcs. Ils ont à construire le monde dans ses aspects multiformes :

  • dans ses aspects physiques, en diminuant les obstacles matériels : la distance, l'ignorance, la faim, la maladie, l'inconfort, l'insalubrité de l'habitat ; et en développant tout son potentiel de richesses, par les découvertes géographiques et spatiales, les expériences scientifiques, l'effort pour prolonger la vie, etc.

  • dans ses aspects économiques et sociaux, en généralisant la participation équitable de tous aux biens physiques, à leur production, à leur répartition, à leur circulation, à leur utilisation ; en résolvant les problèmes des grandes villes, des déplacements ;

  • dans ses aspects culturels en répandant et en faisant progresser la culture humaine par l'enseignement, la technique, l'art, la diffusion des idées, et en la rendant de plus en plus accessible & tous sans distinction par une saine utilisation des loisirs ;

  • dans ses aspects civiques et politiques, en favorisant la collaboration positive entre les peuples - comme d'ailleurs au sein même d'un pays, entre les partis et les classes, au profit du bien commun — et en œuvrant concrètement en vue de la paix, de l'entente, de la coopération libre entre les autorités et entre tous les hommes qui les désignent :

  • dans ses aspects moraux en éduquant les diverses communautés, les individus et les familles, les institutions privées et publiques, dans le respect de l'homme, de son intégrité, de sa dignité et de sa destinée ;

  • dans ses aspects religieux en replaçant sans cesse l'ensemble des actes humains et des institutions au service du Créateur et du Rédempteur, tant par le développement d'une religion intérieure que par le culte public.

Cette mission des hommes dans le monde et dans leur vie est pour tous les laïcs, membres de l'Église, une mission apostolique.


Aujourd'hui, où en sommes-nous ?

L'effort déployé depuis un demi-siècle pour éveiller les laïcs à leur mission dans le monde n'a pas été vain. Reconnaissons qu'un grand nombre de ceux qui ont été atteints ont répondu dans l'enthousiasme à la découverte qu'ils ont faite. Et nous devons rendre grâces à Dieu d'avoir suscité cette minorité agissante de laïcs, profondément conscients de leurs responsabilités, et dans le monde, et dans l'Église. Mais ils sont encore trop peu nombreux, trop peu éclairés et formés, trop peu audacieux et engagés, eu égard aux problèmes à embrasser et à leur enjeu.

Et je ne veux pas parler seulement de laïcs agissant individuellement, transformant pied à pied un monde qui va se paganisant davantage chaque jour. J'admire en même temps cette floraison de groupements, de mouvements, d'organisations, de communautés apostoliques composés de laïcs et dirigés par eux, et qui sont engagés corps et âme dans la bataille du royaume de Dieu. Mouvements et organisations qui recouvrent aujourd'hui pratiquement tous les secteurs de vie et d'action et sont avides d'aider leurs membres à y donner leur plein témoignage.

Pourtant, nous ne sommes encore qu'à de bien humbles débuts.

Lors d'un voyage circulaire que je faisais en 1958 dans un pays d'Europe traditionnellement catholique, pour des conférences aux séminaristes et aux prêtres dans les divers diocèses, je réfléchissais aux questions et aux réactions entendues au jour le jour et je me disais : Malgré les insistances répétées des Papes, le clergé dans son ensemble n'a pas encore compris le contenu de l'apostolat des laïcs, son importance décisive, l'indispensable formation à leur donner, la méthode spécifique à adopter et l'organisation à promouvoir. Et là où beaucoup ont compris intellectuellement, combien qui n'ont pas osé ou n'osent plus s'engager avec optimisme, combien qui n'ont pas persévéré après un court essai !

Si je refais en esprit mes autres voyages à travers le monde ou si j'en relis les rapports et les notes prises au vol, c'est à la même conclusion que j'arrive partout. Et sans y avoir été, chacun de nous ne peut-il pas, avec un peu de recul et une réflexion constante sur les faits, arriver aux mêmes constatations en tendant l'oreille aux échos de notre monde bouleversé ?

Il est certain qu'on ne peut jeter la pierre à personne. La responsabilité, nous la portons tous ensemble, puis- qu'ensemble nous sommes l'Église. Raison de plus pour porter un jugement loyal sur nos carences, à la lumière des immenses possibilités qui s'offrent à nous. La sincérité nous poussera à l'action et sera le meilleur antidote à toute politique d'autruche - la plus mauvaise qui soit - à toute panique, à tout découragement.

D'ailleurs, en prenant les dimensions nouvelles que j'ai soulignées à chaque page de cet ouvrage, le problème s'est singulièrement alourdi et compliqué. Mais d'autre part, sa solution peut aussi prendre un élan inespéré et combien exaltant.

Il faut savoir le reconnaître : notre timidité à promouvoir l'authentique apostolat laïc a des conséquences regrettables. Pour l'Église qui perd le bénéfice d'un inépuisable réservoir de forces vives, lesquelles ne demanderaient qu'à être employées et se multiplieraient par le fait même. Pour les laïcs qui se découragent à la vue de l'incompréhension ou de l'impuissance à laquelle ils sont souvent livrés et qui sont ainsi encouragés dans une médiocrité qu'ils n'ont pas toujours voulue délibérément. Pour le clergé qui ampute, si je puis dire, son propre apostolat d'une puissance d'incarnation extraordinaire et s'enlise trop souvent dans des besognes qui l'empêchent de réaliser ses tâches propres dans la liturgie, la pastorale, l'enseignement chrétien, etc. Pour l'action internationale qui souffre de l'insuffisante présence de chrétiens compétents et militants dans les pays nouveaux, dans la collaboration avec les grandes institutions mondiales et les organisations non-gouvernementales, dans la recherche du contact intelligent avec les mondes non-chrétiens.

Ne peut-on pas penser aussi que, dans leurs divers diocèses, les évêques, pris individuellement et occupés par les problèmes de la communauté dont ils ont la charge, peuvent bien être débordés par la rapidité et le radicalisme de la transformation de notre monde moderne ? Cette même difficulté est partagée par bien des supérieurs d'ordre« religieux, masculins et féminins.

Î

Si on ajoute à tout cela le désarroi qui règne, tant dans le domaine des conceptions que dans celui des organisations d'apostolat des laïcs, on comprendra que nul ne peut jster le manche après la cognée, sans prendre une responsabilité très grave. Nous sommes au contraire à l'heure d'une recherche encore plus attentive, plus audacieuse, plus tenace, j'oserais dire plus passionnée.


De quel côté faut-il chercher ?

Pour cela, c'est vrai, il faut s'ouvrir plus que jamais à cette recherche. Intellectuellement et dans l'action concrète. Et parce que nous n'en sommes encore qu'au commencement, il y a beaucoup de pistes à suivre, de nombreuses expériences à faire, mille questions à se poser.

Les développer toutes supposerait un autre volume ! Je suis obligé de me contenter d'une rapide énumération de quelques questions qui me paraissent essentielles, espérant que d'autres reprendront au vol certains de mes points d'interrogation et y donneront des réponses nouvelles.


Doctrine :


Le laïc et le temporel

La première question qu'il faudrait poser, c'est sans doute celle de l'apostolat propre du laïc en tant que laïc. Les laïcs ont-ils, dans l'Église, un apostolat propre ? Cet apostolat s'exerce-t-il essentiellement et primordialement dans la vie profane en vue d'une consécration du monde ? Cet apostolat c formellement laïc des laïcs » dépend-il de la Hiérarchie et dans quel sens ?

Si le mot de la Genèse s'adresse, en la personne du premier couple, à toute l'humanité, c'est donc tout homme qui doit aménager le monde pour qu'il chante la gloire de Dieu. A partir de là, peut-on dire que tout homme est appelé à l'apostolat ? Et donc, étant donné que les non-chrétiens détiennent une part de la vérité religieuse, ne peut-on parler pour eux d'apostolat ? N'est- ce pas une partie essentielle de la tâche missionnaire de l'Eglise, que de les aider à découvrir et à réaliser leur mission propre et de collaborer avec eux ?

Une fois qu'on aborde ces zones encore peu explorées, on voit vite combien le travail attend les théologiens, dans une collaboration féconde avec ceux qui ont l'expérience concrète de la vie apostolique. Les études entreprises ces dernières années par les chercheurs dans plusieurs pays devraient pouvoir être intensifiées et rassemblées dans on travail d'équipe pour aboutir à une véritable théologie des valeurs temporelles et du laïcat. Des recherches sur ces points précis apporteraient, j'en sur. des éclairages nouveaux et très bienfaisants sur la théologie de l'Eglise elle-même.


Dimension :


Participation de tous les baptisés


Il est établi que le baptême et la confirmation donnent au fidèle une mission explicite en vue du royaume de Dieu. Comment se fait-il qu'ils soient encore si peu nombreux, ceux qui réellement s'y engagent là où ils sont placés providentiellement ? Cet appel leur est-il suffisamment rappelé — autant que l'invitation à l'état de grâce ou au devoir pascal par exemple ?

Si tous les laïcs étaient sans cesse alertés, encouragés et aidés concrètement dans la prise de conscience de leur rôle apostolique, ne passerions-nous pas plus vite à une « Eglise en état de mission » ? Ne retrouverions-nous pas, en effet, la perspective de l'Église des premiers siècles et qui fut, au fond, celle du lancement de l'Action Catholique : le contact avec ceux du dehors, afin de leur présenter le message et la personne du Christ, leur seul salut et leur seule fin ?

Ne serait-ce pas le moment de réviser l'optique selon laquelle se font actuellement les contacts apostoliques à la base ? Je veux dire : en principe et en fait, faisons-nous une action apostolique enfermée dans les limites des organisations et des paroisses, ou visons-nous au-delà, jusqu'au cœur de la masse de ceux qui ne font pas partie de l'Église, jusqu'au coeur des secteurs les plus exposés, comme le milieu des intellectuels, des nouveaux techniciens, des couches prolétariennes de grande industrie ? Bref, faisons-nous de la « préservation éducative » on sommes-nous sans cesse en train de préparer ou de réviser la projection de l'Évangile dans l'ensemble de la vie et des hommes paganisés ?

Dans ce même ordre d'idées, nous devrions avoir un jour le courage d'approfondir le rôle des laies vis-à-vis de tous ceux qui appartiennent à d'autres religions, chrétiennes ou non-chrétiennes. Les laïcs, dans la vie temporelle, sont aux premières lignes de l'engagement où se confrontent les idéologies les pins diverses, religieuses et autres. Leur activité profane, dans quelque secteur que ce soit, les y place de la façon la plus naturelle. Ce contact habituel est-il transformé en un contact apostolique, en passant par le contact oecuménique ? Est-il une réelle collaboration à l'œuvre de Dieu, au rythme même de l'interlocuteur que chacun trouve à ses côtés ? Les chrétiens laïcs y sont-ils éveillés et préparés ?

Ainsi, on le voit, l'apostolat des laïcs envisagé dans toute sa dimension dynamique remettrait dans une lumière nouvelle l'action missionnaire de l'Église : il ne suffit plus d'envoyer des prêtres, des religieux et des religieuses dans des territoires dits « de mission », il s'agit de rendre à tout chrétien, là où il est, la responsabilité qu'il a de planter l'Église là où elle n'est pas. Si tous en vivaient réellement, quelle formidable réserve d'énergies apostoliques pourrait être mise en action ! Et quel éclatement spirituel en serait le fruit pour nos communités chrétiennes, s'ouvrant ainsi à la totalité de la mission de l'Église !


Organisation


Une impulsion plus effectivement


On fait aujourd'hui de multiples distinctions entre l'action et l'apostolat, entre l'apostolat des catholiques et l'Action Catholique, entre l'apostolat direct et l'apostolat indirect, entre l'apostolat au sens strict et l'apostolat plus général... et bien d'autres encore. Il est nécessaire de les faire et d'apporter progressivement la lumière sur cette partie de la vie de l'Eglise qui se situe encore sur un terrain très mouvant ; et c'est bien normal, puisque c'est celui de la vie.

Mais je crois que cela ne suffît pas.

Les chrétiens ne transformeront jamais leur vie ordinaire en apostolat et leur action apostolique n'atteindra jamais l'influence et le résultat attendus, s'ils n'y sont pas aidés une organisation de l'apostolat qui donne effectivement à celui-ci une impulsion puissante et qui, d'attitré part, coordonne les efforts multiples en tenant compte d'une vision d'ensemble.

Une recherche importante devrait porter sur la valeur des organisations apostoliques. Quelles sont celles qui réalisent un apostolat authentique ? Celles qui sont essentielles et primordiales ? Et au sein des organisations, quels sont les aspects, les méthodes et tes activités qui leur donnent leur caractère proprement apostolique ? Par voie de conséquence, quelles sont les organisation secondaires ou qui devront s'adapter ?

Mais il faut aller plus loin. Devant l'ampleur des problèmes humains auxquels il s'agit de faire face désormais, et devant l'immensité de la tâche apostolique qui dépasse sans cesse les limites établies pour se répercuter à des plans plus vastes – national, continental, mondial – le moment n'est-il pas venu pour l'Eglise de penser le problème de l'apostolat des laïcs dans son ensemble afin de le promouvoir plus efficacement ? Dans toutes sortes de milieux, on parle aujourd'hui de la création éventuelle d'un nouveau Dicastère romain, d'un Secrétariat, d'une Commission Pontificale ou d'une institution analogue, qui envisagerait tous les problèmes relatifs à l'étude, à l'organisation et à la formation, dans le champ de l'apostolat des laïcs. Ces échos, voire ce souhait, deviendront-ils réalité ?

En tout cas, si pareille institution devait être créée, il faudrait à coup sur que soient étudiés avec le plus grand soin sa conception et son fonctionnement afin que soit toujours sauvegardé, dans le domaine de l'action comme dans celui de la formation, l'objectif premier de l'apostolat des laïcs, celui qui se réalise à la base, dans et par les personnes, au cœur même de la vie du monde. Il faut en effet être toujours attentif à ce dynamisme qui part de la base de l'Église et monte jusqu'au sommet sous l'inspiration et le souffle irrésistibles de l'Esprit Saint, et il faut le développer : « Je te remercie, Père, disait le Christ après le premier retour de mission de ses apôtres, parce que tu as révélé ces choses aux tout-petits, alors tu les a cachées aux sages et aux habiles... »1

En tout cas, une institution centrale : oui. Mais qui encourage, vivifie ; qui ne sclérose rien et ne tue La diversité et dans une certaine mesure la liberté dans l'organisation de l'apostolat sera toujours, dans l'Eglise, une cause et un signe de richesse spirituelle qui correspond à la richesse même de la vie.


Animation :


Formation des laïcs et soutien actif du sacerdoce

Enfin revient question que je crois essentielle : sommes-nous décidés à former les laïcs, tous les laïcs, en vue de leur apostolat ? Peut-être faudrait-il dire au préalable : pensons-nous que tous les laïcs ont besoin d'une formation, qu'ils sont aptes à la recevoir pleinement et que tout doit être mis en œuvre pour la leur donner ?

Pour accomplir cette œuvre éminemment éducative et évangélique, disposons-nous des personnes et des institutions, du temps et des méthodes indispensables ? Et tous, dans l'Église, sont-ils prêts à faire un effort maximum pour assumer solidairement cette tâche : les parents, l'école, le clergé, la communauté paroissiale, les organisations, la presse et les techniques audio-visuelles – tous ?... Comme toute l'Église assume la prise en charge des vocations sacerdotales, des séminaires, de l'expansion missionnaire ? Nous devons reconnaître que nous sommes encore très loin de compte.

Plus particulièrement, quelle sera dans l'avenir la part du prêtre dans cette formation à l'apostolat et par le fait même dans le soutien à accorder quotidiennement à ceux qui y sont engagés ? Ne peut-on souhaiter d'abord que les rôles respectifs du prêtre et du laïc soient mieux précisés et que les prêtres donnent plus franchement aux laïcs leur responsabilité totale de chrétiens adultes dans leur domaine propre et se consacrent eux-mêmes davantage à leur mission sacerdotale d'animateurs et d'éducateurs du laïcat. Et ce, dans la collaboration surnaturelle la plus intime, et sur la base de la confiance réciproque la plus totale.

Une chance inouïe est donnée au clergé de multiplier à l'infini le rayonnement du message chrétien dans le monde d'aujourd'hui. Saura-t-il la saisir comme une grâce de choix que la Providence offre à l'Église en ces temps difficiles ? On peut dire que cela dépend, pour une très large part, de la réponse sacerdotale et hiérarchique.


Dans l'esprit du Concile


Mais par-dessus tout, ne faut-il pas que soit exprimé ici, avec toute la puissance d'espérance qu'il contient) le souhait des laïcs après l'expérience apostolique des vingt- cinq dernières années ? Ils attendent quelque chose de l'Église, et pourquoi pas le dire, du Concile ! Ils désirent que l'Église, en la personne de ses responsables les plus autorisés, les confirme solennellement dans leur mission propre en proclamant la valeur qu'elle attache à leur apostolat dans la vie et les institutions temporelles, et son désir de les voir s'y engager de plus en plus.

On l'a dit : plus que jamais grâce à l'unification du monde par les progrès scientifiques et techniques, comme par les dangers que provoquent ces progrès le monde attend l'Église. Il attend la réalisation de la mission de l'Église par la grâce du Christ. Ce sont les laïcs qui doivent le consacrer.

Le monde attend l'Église.

L'Église attend-elle les laïcs, et qu'attend-elle d'eux ?

Voilà les questions qui hantent ma pensée, lorsque je médite la parole de Pie XII, donnée comme un mot d'ordre aux jeunes travailleurs de la JOC et par eux, aux laïcs du monde entier : « Construire un monde tel que Dieu le veut ! »2

Une tâche immense, surhumaine est devant eux. Elle a ses exigences. Une bataille ne se gagne pas sans le travail des fantassins ; un complexe moderne ne se construit pas sans bulldozers. Nous devons tous avoir le courage - à quelque échelon de la société ou à quelque point du globe que nous soyons placés - d'entreprendre ce travail ! Et il faut s'y mettre avec un esprit de pionnier et de chercheur, qui ne craint pas de tâtonner, de risquer, de reculer pour avancer, de s'arrêter pour penser et pour écouter l'expérience et la vie qui enseignent.

Un esprit qui ne craint pas, parce que l'Église a toutes les grâces promises par son divin Fondateur pour répandre dans le monde un messianisme plus neuf, plus puissant et plus vrai que toutes les idéologies passées, présentes et à venir. « L'Esprit souffle où il veut... »

Puissions-nous faire nôtres, en esprit et en vérité, les strophes si pleines d'espérance du Prophète :

« Ne crains pas, car je suis avec toi. Tous ceux qui portent mon nom et que y ai créés pour ma gloire, que y ai formés et qui sont mon œuvre, Je les appelle. » - Is. XLIII, 5-7

« Lève les yeux aux alentours et regarde : tous se rassemblent et viennent à toi. Tes fils arrivent de loin et tes filles sont portées sur les bras. A cette vue, tu seras radieuse, ton cœur sera gonflé d'émotion, car vers toi afflueront les trésors de la mer, les richesses des nations arriveront chez toi. » - Is. LX, 4-5

« Le peuple que je me suis formé redira mes louanges ! » - Is. XLIII, 21

« et j'enverrai de leurs rescapés vers les nations et ils révéleront ma gloire aux nations. Et de toutes les nations ils ramèneront tous vos frères en offrande à Yahvé. Et de certains d'entre eux je me ferai des prêtres, des lévites, dit Yahvé ». - Is. LXVI, 19-21.



Notes



1Lc. X, 21.

2 Discours du 25 août 1967.

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